Canard, Technique

Bon à tirer

Le Bon à Tirer, appelé plus communément BàT dans le monde de la com’, est la dernière étape avant l’impression. Ce dernier contrôle, dégage la responsabilité de l’imprimeur sur les éventuelles erreurs subsistantes et peut, en cas de litige, servir de pièce juridique.

Du point de vue du client… 
Mais pourquoi dépenser inutilement des sous ? Je peux très bien vérifier les informations en imprimant le projet depuis ma Jet d’encre plutôt que sur l’impression fournie par l’imprimeur.

Imaginons que le projet proposé par le graphiste vous a séduit et que vous donnez le feu vert pour l’impression ! Et là, pas de chance, c’est l’avant-dernière version qui est imprimée. Le créatif s’est planté de fichier lors de l’envoi, l’imbécile. Sauf que nulle part vous n’aviez donné d’accord écrit et que les dernières corrections ont été faites par téléphone. Si le graphiste est de mauvaise foi, il peut très bien nier son erreur et vous vous retrouvez avec 10’000 flyers à jeter à la poubelle.

Ok, je vois. Mais mon flyer doit avoir un pantone fluo qui n’a pas été retranscrit sur le BàT.
Le BàT est là pour vérifier la conformité de la mise en page, des textes et des images afin d’obtenir une approbation. Retranscrire un fluo pour un BàT coûterait horriblement cher, c’est pourquoi, il a été validé en amont, sur un nuancier pantone. Et c’est la même chose pour le papier. Donc respirez profondément, votre rapport annuel ne sera pas imprimé sur du papier toilette si fin qu’il vous irriterait les fesses si vous l’utilisiez. 

Et du point de vue du graphiste…
Nous sommes mandatées par un client pour créer un joli catalogue de 52 pages, imprimé à 5’000 exemplaires. Le genre de job qui fait plaisir à un atelier comme le nôtre.
Les maquettes sont présentées, validées et hop, le fichier part chez l’imprimeur. à la réception des exemplaires… gloups, une coquille sur la quatrième de couverture. Toute petite, voire quasiment invisible, limite on pourrait faire avec. Mais tout de même, ça ne fait pas très pro. Cana le mentionne au client: la transparence, c’est important dans une relation de confiance. Seulement voilà, le client se transforme en un de ces personnages joués par Louis de Funès. Nous avons le droit à un visage grimaçant durant une heure et il se sert de cette erreur rikiki comme prétexte pour ne pas payer.

Le client dit que c’est la faute du graphiste et de l’imprimeur (qui n’avaient qu’à relire), le graphiste dit que c’est de la faute du client (qui n’avait qu’à relire), et l’imprimeur dit qu’il s’en contrefout (il imprime ce qu’on lui donne).
Alors d’après-vous, qui est le responsable ? Dans la mesure où rien n’a été clairement et explicitement dit, c’est plutôt compliqué de trancher.

Le BàT sécurise la prestation, et pousse le client à aussi prendre ses responsabilités. Car si le prestataire a des devoirs envers son client, l’inverse est également vrai. Et si le temps manque, ce qui est fréquent, un e-mail contenant « Bon pour accord » rendra toute interprétation douteuse impossible si une coquille s’est malencontreusement glissée lors de la réalisation.

Alors, la prochaine fois, on fait un BàT ?

Cet article fait parti de notre Canard n°2, notre gazette qui sort 2 fois par année.
Télécharger le Canard ici : CANArd_n2_2018

Et si vous souhaitez le recevoir en version papier, écrivez nous à atelier@ateliercana.ch

Posté par :
Caroline Fischer

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